Janvier 2001
Bloavezh mad ! *
Il est de coutume d’offrir des vœux au début de l’année civile.
C’est bien volontiers que je souhaite à tous une sainte année.
Qu’elle soit pour nous tous une occasion de nous sanctifier, de nous humilier et de demander pardon pour nos péchés et ceux de nos pères. La pureté du cœur consiste dans le refus du mélange avec l’erreur et le péché.
Le libéral répète souvent la maxime : « Mettez donc de l’eau dans votre vin ! »
Quelle horreur ! Un bon vin se déguste pur.
De même, la Vérité se contemple sans mélange avec l’erreur, ou alors ce n’est plus la Vérité.
Profitons de la nouvelle année qui commence pour prendre de bonnes résolutions :
• Supprimer définitivement la télévision, le cinéma, les chansons rock, les magazines, les soirées
dansantes…
• Ne plus assister à une Messe "una cum" Jean-Paul l’Apostat.
• Ne plus participer aux organisations révolutionnaires telles que le suffrage universel, le FN, le MNR, et
autres partis de la "démoncratie".
• Ne plus se faire soigner par des pendulistes, magnétiseurs et autres radiesthésistes2, même s’ils
viennent à la Messe à la chapelle….
• Arrêter de choisir toujours le moindre mal et se décider enfin à faire le bien, sans honte, sans
complexes et sans peur du "qu’en dira-t-on ?"
• Faire (ou reprendre) sa méditation, son examen de conscience, son chapelet, la lutte contre son défaut
dominant, l’étude d’un auteur antilibéral.
• Prévoir la date de sa prochaine retraite Saint Ignace, de préférence.
Il est de notre devoir de prêtre de vous rappeler ces exigences de votre baptême.
Le prêtre qui vous demande : « Renoncez-vous au monde, à Satan, à ses pompes et à ses œuvres ? »
et à qui vous répondez : « J’y renonce. »,
ce prêtre a le devoir de vous aider à rester fidèles à ces promesses en vous éclairant, en vous enseignant et en vous exhortant.
Malheur au prêtre muet qui ne dénonce pas l’erreur et ne combat pas les hommes qui la propagent. Il y a quelque chose de plus abject que le reniement déclaré, c’est l’abandon souriant des principes, c’est le glissement silencieux avec des airs de fidélité.
C’est pourquoi Saint Pie X rappelle aux prêtres dans son encyclique Acerbo Nimis que leur premier et principal devoir est d’instruire et d’enseigner le peuple chrétien. Ce devoir passe avant celui de donner les sacrements. « Un prêtre quel qu’il soit, n’a pas de fonction plus importante et n’est tenu par aucun lien plus étroit.
Les lèvres du prêtre garderont la science Malachie II, 7.
En fait, c’est avec une extrême sévérité que l’Eglise exige cette science de ceux qui doivent être admis au sacerdoce. Quelle en est la raison ? C’est que le peuple chrétien attend d’eux la connaissance de la loi divine et que Dieu les destine à la communiquer.
En ce qui me concerne, je vais essayer d’accomplir ce devoir d’enseignement par ce bulletin sans prétention afin de diffuser la vérité et attaquer les erreurs qui parasitent nos chapelles.
Le Bastion de Saint Maurice est tombé sous les coups des faux frères . Je me permets de dresser ci-après le portrait-robot du catholique libéral qui
infeste toutes nos centres de messe. Que ceux qui se reconnaîtront à la lecture de ce texte s’amendent et se corrigent.
Nous pardonnons à tous, mais nous ne concèderons rien.
Pourquoi avoir donné pour titre à ce bulletin La Tour de David ?
Tout d’abord il est un des titres donné à Notre-Dame dans les Litanies.
Ensuite, il correspond le mieux aux besoins de l’heure présente.
Le roi David construisit une tour pour défendre la ville de Jérusalem sur l’endroit le plus abrupt du Mont Sion.
Elle était très forte et très haute. Elle était bâtie de pierres carrées unies entre elles par des armatures de plomb et de fer.
Elle était couverte au-dehors de boucliers et d’armes de guerre qui pendaient à ses murailles : pour l’effroi des ennemis, et aussi pour l’ornementation.
Le Cantique des Cantiques nous apprend que : « Mille boucliers y sont suspendus et toutes les armes des plus vaillants. » IV, 4. Les plus braves guerriers recevaient comme récompense, non pas une médaille à porter sur soi, mais l’honneur d’y suspendre leurs armes en trophées. Tout Jérusalem les apercevait, et
en était fière. Lorsqu’au matin le soleil d’Orient dardait ses rayons sur ces pièces d’acier, le scintillement devait être aussi éblouissant que redoutable.
La Très Sainte Vierge Marie est la Tour de David par excellence, car elle vécut sur le Mont Sion après l’Ascension de son Fils. La fille de David fut visitée par les premiers chrétiens dans la maison de saint Jean, située près de la Tour de David. Lors du sac de Jérusalem par Titus, en 70, seule la Tour de David fut respectée et gardée intacte.
Son but était d’en faire un trophée qui serait pour les générations futures un témoignage de la valeur des Romains, capables de prendre de semblables forteresses. Mais, dans ce respect de la Tour de David, la Providence avait un but supérieur : celui de figurer Marie, forte comme une armée rangée en
bataille et qui écrasera la tête du Serpent tout en protégeant ceux qui se réfugieront en elle.
Se jeter dans ses bras, c’est se réfugier dans une tour inexpugnable. Il suffit qu’on lui dise : sainte Mère de Dieu, nous nous réfugions sous votre protection, sub tuum præsidium confugimus, sancta Dei genitrix, pour que la protection soit assurée et l’abri inviolable, quel que soit le péril et quel que soit le réfugié. Elle protège tout ce qui accourt à elle.
Voici une innocente enfant qui arrive tout effrayée, elle a compris le danger pour la première fois, elle fuit un loup ravisseur. La Tour de David étincelle des mille feux de la grâce pour préserver cette âme infiniment plus précieuse que ne l’étaient les maisons et jardins de Jérusalem sous la garde de l’ancienne tour.
Voici un pauvre être peureux dans les combats de la vie, un être timide et blessé comme il y en a tant, et qui n’ose se confier à personne. Mais il s’est blotti en quelque sorte auprès de Marie ; à elle, il ose dire sa timidité, montrer sa pauvreté, ses souffrances, ses handicaps.
Elle répondra pour lui, le gardera, le cachera, le garantira, car elle est la Tour des timides.
Voici un pécheur, un grand pécheur, qui accourt lui demander protection. Il s’est décidé à briser avec une vie d’iniquités, à s’enfuir de la captivité du péché ; il a jeté les chaînes de l’habitude et il est venu : mais le démon le poursuit, comme étant son maître. Il lui appartient en effet. Le tyran n’entend pas que sa proie lui échappe aussi facilement ; il le poursuit, le tourmente, va le reprendre.
La tour s’ouvre, l’heureux fugitif est dans le Cœur Immaculé de Marie, il est en sécurité. Le démon a beau multiplier les aboiements de chien furieux : le cruel
dévastateur est arrêté. Oh ! comme la rage l’agite et lui fait détester la Tour.
– Rends-moi cette âme, elle m’appartient ! hurle le démon.
– Viens la prendre, répond Marie.
Honneur et merci à vous, ô Tour inexpugnable ! vos protections et vos victoires sont d’une variété infinie.
Vous tenez en respect et à distance les légions infernales. Vous êtes assiégée mais jamais prise. L’ennemi vous considère avec rage et tremblement. Les tentations, n’importe quelle parole dangereuse, n’importe quelle flatterie perfide, n’importe quelle somme d’argent, n’importe quelle menace, ressemblent à des flèches qui, lancées, retombent brisées au pied de la Tour.
Comment se fait-il que cette Tour est inexpugnable ?
C’est que, sur son territoire virginal, elle n’a jamais payé le tribut au Diable.
Seuls ceux qui se réfugient dans le Cœur Immaculé de Marie seront sauvés du désastre et garderont la Foi intacte. Tous les autres périront. Mais lorsqu’on est entré dans la Tour de David, pas question d’ouvrir ensuite la porte à l’ennemi pour l’introduire discrètement. Le combat antilibéral a des lois qu’il faut connaître. Elles sont exposées dans le livre de Don Sarda Le libéralisme est un péché.
Lisez-le, faites le lire autour de vous.*
Portrait-robot du catholique libéral et médiocre
Le trait caractéristique du libéral médiocre, c’est sa déférence pour l’opinion de son public, c’est la peur du "qu’en dira-t-on ?" Il ne parle jamais, il répète ce qu’on lui a dit le plus exactement possible.
Il juge un homme sur son âge, sa position sociale, son succès, sa fortune. Il a le plus profond respect pour ceux qui sont connus, pour ceux qui ont réussi. Il ferait la cour à son ennemi, si cet homme devenait célèbre, mais il ferait peu de cas pour son meilleur ami, si personne ne lui en faisait l’éloge.
Il n’osera prendre l’initiative de rien. Ses admirations sont prudentes, ses enthousiasmes sont officiels. Il méprise ceux qui sont jeunes. Seulement quand votre grandeur sera reconnue, il s’écriera : je l’avais bien deviné ! L’homme médiocre peut avoir telle ou telle aptitude spéciale : il peut avoir du talent. Mais l’intuition lui est interdite.
Il peut apprendre, il ne peut deviner.
Il admet quelquefois une idée, mais il ne la suit pas dans ses diverses applications ; si vous la lui représentez en termes différents, il ne la reconnaît plus : il la repousse.
Il admet quelquefois un principe, mais si vous arrivez aux conséquences de ce principe, il vous dira que vous exagérez.
Si le mot exagération n’existait pas, le libéral l’inventerait. Si l’homme naturellement médiocre et de formation libérale devient sérieusement catholique, il cesse absolument d’être médiocre et libéral. L’homme qui aime la vérité de toute son âme n’est jamais libéral. Il peut se tromper momentanément, il n’est pas libéral.
L’homme vraiment libéral admire un peu toutes choses, mêmes contradictoires : il n’admire rien avec chaleur. Si vous lui présentez ses propres idées avec enthousiasme, il dira que vous êtes excessif. Il répètera que vous exagérez. Il aimera mieux ses ennemis s’ils sont froids et indifférents, que ses amis s’ils sont ardents et convaincus.
Il trouve insolente toute affirmation catégorique car elle exclut la proposition contradictoire. Mais si vous êtes un peu ami et un peu ennemi de toutes choses, il vous trouvera sage et prudent. Il admirera la délicatesse de votre pensée et dira que vous avez le sens des nuances. Pour échapper au reproche de fanatisme adressé par lui à tout ce qui pense fortement, il faudrait se réfugier dans le silence qualifié de prudent.
S’il est obligé malgré tout de s’exprimer, il fait semblant de dire quelque chose et ne dit absolument rien. Il ajoute à chaque phrase une périphrase adoucissante : ce semble, si j’ose dire, s’il est permis de s’exprimer ainsi.
Il reste au libéral ayant des responsabilités une inquiétude : c’est la crainte de se compromettre avec les fanatiques qui exagèrent. Aussi s’exprime-t-il avec la réserve, la prudence d’un homme qui craint que ses paroles trop hardies ne fassent des vagues…
Le premier mot du libéral qui juge un livre ou une revue porte toujours sur un détail, et habituellement sur un détail de style. Il déteste les livres qui obligent à réfléchir. Il aime ceux qui ressemblent à tous les autres, ceux qui rentrent dans ses habitudes, qui ne font pas éclater son moule, ceux qu’on sait par cœur avant de les avoir lus, parce qu’ils sont semblables à tous ceux qu’on lit depuis qu’on est "tradi".
Le libéral répète qu’il ne faut pas être absolu dans ses jugements doctrinaux4, qu’il faut savoir mettre de l’eau dans son vin, etc… Si vous affirmez fortement la vérité, le libéral médiocre vous dira que vous avez trop de confiance en vous-même. Il peut très bien avoir ce que l’on appelle dans les salons, de l’esprit ; mais il ne peut avoir l’intelligence qui est la faculté de juger le vrai et le faux. L’homme intelligent lève la tête pour admirer et chercher à comprendre toujours plus, l’homme médiocre lève la tête pour se moquer. Tout ce qu’il ne comprend pas lui paraît ridicule.
L’homme médiocre est beaucoup plus méchant qu’on ne le croit, parce que sa froideur voile sa méchanceté. Il ne s’emporte jamais, il demeure toujours maître de lui. Au fond, il voudrait anéantir les hommes intelligents : il se venge de ne le pouvoir pas, en les taquinant.
Il ne défend pas des idées, il s’attaque aux personnes. Il fait de petites infamies qui, à force d’être petites, n’ont pas l’air d’être infâmes.
L’homme médiocre ne se trompe jamais, il se sent approuvé par la multitude de ceux qui lui ressemblent et qui le flattent.
Les succès faciles sont pour lui. Il se juge lui-même comme il juge les autres, sur le succès.
Tandis que l’homme de vérité sent sa force intérieurement, et ne tient pas compte de l’approbation du public.
L’homme médiocre se croirait un sot s’il passait pour tel, et trouve son assurance dans les compliments qu’on lui fait, ou qu’il se fait.
Sa médiocrité augmente en raison de son importance. La gloire et le succès ne se ressemblent pas ; la gloire a des secrets, le succès a des caprices.
L’homme médiocre ne lutte pas : il peut réussir d’abord ; il échoue toujours ensuite.
L’homme vertueux lutte d’abord et réussit ensuite.
Le libéral réussit parce qu’il se laisse porter par le courant, l’homme vertueux triomphe au ciel, parce qu’il va contre le courant, ce qui provoque toujours des vagues…
Le procédé du succès, c’est de marcher avec les autres ; le procédé de la gloire, c’est de marcher contre les autres.
Ceux qui flattent les préjugés et les habitudes sont poussés et vont au succès : ce sont les hommes de leur temps.
Ceux qui refoulent les préjugés, les habitudes ; ceux qui devinent le siècle prochain, ceux-là poussent les autres et vont à la gloire : ce sont les hommes de l’éternité. Voilà pourquoi le courage qui est inutile au succès, est la condition absolue de la gloire.
Ceux-là sont grands qui savent imposer la Vérité aux hommes au lieu de subir leurs erreurs ; qui écrasent leur propre découragement en même temps que leur amour-propre.
L’homme vertueux nous entraînerait jusqu’au bout du monde pour servir le Roi Jésus et son Eglise.
L’homme médiocre, qui nous laisse là où nous sommes, nous inspire une tranquillité morte qui n’est pas le calme.
L’homme vertueux est supérieur à ce qu’il exécute. Sa méditation est supérieure à son œuvre.
L’homme libéral est inférieur à ce qu’il exécute.
Son œuvre n’est pas la concrétisation de sa méditation : c’est un travail fait d’après certaines règles.
L’homme de Dieu trouve toujours son œuvre inachevée et imparfaite.
L’homme médiocre est plein de la sienne, plein de lui-même, plein de néant, plein de vide, plein de vanité.
L’homme médiocre et libéral est tout entier dans ces deux mots : froideur et vanité !
Prions Notre-Dame de nous protéger du libéralisme et de la médiocrité qui nous guettent tous.
Veillez et priez.
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